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Panayotis Pascot : « J’ai une équipe de psychologues qui m’aident au jour le jour »

Panayotis Pascot : « J’ai une équipe de psychologues qui m’aident au jour le jour »

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Découvert par le grand public dans l’émission Le Petit Journal, Panayotis Pascot n’en finit pas de faire parler de lui. Entre deux dates de tournée de son premier spectacle, Presque, FLUSH a eu la chance de le rencontrer pour évoquer ses débuts, son milieu, mais pas sa fin.

Panayotis, tu es très jeune mais ça ne te dérange pas que je te vouvoie et t’appelle « Monsieur Pascot » ?

Non pas du tout, tu me vouvoies, comme tu veux me tutoyer, comme vous voulez me tutoyer. Zéro souci.

Monsieur Pascot, vous n’en avez pas marre des interviews qui commencent par : « Panayotis, tu es très jeune… » ?

On me le dit de moins en moins ! Au début, j’étais content. En fait, je crois que je suis nostalgique déjà du moment… Parce que là, j’ai bientôt 24 ans. Avant, ils font : « Oh, 22 ans !? ». À 24, ils font : « Mm-mm. Info suivante ? » Donc je vais profiter un max encore des débuts d’interviews qui parlent de mon âge.

Vous souhaitez qu’on vous appelle par votre prénom et votre nom ensemble.

Ah, ouais… Mon prénom, je trouve que ça fait très artiste des années 90. Tu vois ce que je veux dire ? D’avoir juste un prénom. Un peu Charlie et Lulu. Alors qu’en réalité, je suis un gars normal : j’ai un prénom et un nom, comme tout le monde. Je le dis souvent, aussi parce que les gens pensent que Panayotis, c’est mon nom de famille. Donc je suis en campagne pour essayer d’affirmer que c’est un prénom.

Monsieur Pascot, comment vous présenteriez-vous, si vous aviez la grosse tête ?

Je ne me présenterais pas ! Quand tu as la grosse tête, tu ne te présentes plus. Tu pars du principe que tout le monde te connaît. Mais si on part du principe que je n’ai pas la grosse tête, je dirais que je fais des blagues. J’ai encore du mal à dire « humoriste », alors que ça fait six ans maintenant. Même un peu plus. J’étais plus chroniqueur qu’humoriste à la télévision, mais je faisais quand même des chroniques d’humour. Et je trouve qu’avec « humoriste », on a tout de suite quelque chose de très précis en tête alors que faire des blagues, ça peut être à l’écrit, en fiction, sur scène… En tout cas, j’aime manier les blagues. Je me décrirais comme ça, donc très longuement. Un bon 45 secondes, ce qui au final veut dire que tu as la grosse tête !

« Dude, you’re fucking beautiful », « J’ai un vrai crush », « Je t’aime, putain ! » : ce sont quelques-uns des commentaires sur votre compte Instagram… Comment gérez-vous d’être passé du statut de petit gars relou dans la rue à celui de sex symbol ?

(Rires) Ah bon !? Je ne lis vraiment pas les messages sur Instagram. Je suis un vieux papy avec les réseaux sociaux, je n’y vais vraiment que pour regarder de petites vidéos de singes mignons. Et en ce moment, c’est les petites vaches. Tu as déjà vu un bébé vache ? Ma passion ! Je regarde ça sur les réseaux et je poste mes petits trucs. Et je regarde les trucs de mes amis. Mais je ne regarde pas du tout les messages ni les commentaires.

Monsieur Pascot, vous passez votre vie, si j’ai bien compris, à essayer de mettre les gens mal à l’aise. Ou à les mettre mal à l’aise malgré vous. Et peut-être à vous en réjouir ?

Je dirais que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ça l’a été quand je travaillais à la télévision, parce que c’était l’envie de la chronique : un petit gamin qui allait faire chier les gens dans la rue. Mais toujours avec bienveillance. Je pense qu’on peut regarder toutes les chroniques et on ne verra jamais rien de méchant. On faisait toujours attention avec Freddy Gladieux et Aurélien Préveaux, avec qui j’ai eu la chance d’écrire pour la télévision. À cette époque, je n’étais pas très à l’aise, parce que j’étais très jeune et d’un seul coup, « médiatisé ». Du coup, je crois que mon réflexe, ma sécurité, c’étaitde chambouler un peu ce qu’il y avait autour. D’ailleurs mes amis me l’ont dit il n’y a pas longtemps : « Tu étais un peu relou, tout le temps à vouloir déstabiliser les autres ». Mais je pense que c’est parce que j’avais peur de ce qu’il y avait ici (se désigne, ndlr) donc je chamboulais ce qu’il y avait autour. Et aujourd’hui, je suis un peu plus à l’aise avec ce qu’il y a ici (se désigne à nouveau, ndlr), donc je m’amuse à chambouler à l’intérieur, pour essayer de trouver des trucs, plutôt que ce qu’il y a autour… Par exemple, dans le spectacle, je ne parle aucunement au public, je n’essaie aucunement de mettre les gens mal à l’aise.

Vous avez dit être mal à l’aise avec l’intimité des gens. Est-ce que ça a changé ?

Non, c’est toujours le cas et je travaille dessus. J’ai une équipe de psychologues qui m’aident au jour le jour ! Un psy dans chaque continent, c’est important, comme ça en fonction des créneaux horaires, je peux toujours avoir un contact. Je suis persuadé que ce genre de truc peut perdurer sur le long terme dans ta vie, si tu ne le règles pas assez rapidement. Du coup, je fais attention à ça. Ça s’arrange un peu. Mais j’ai toujours du mal quand quelqu’un face à moi fait un étalage de sentiments ou d’émotions, ça me met très mal à l’aise et je ne sais pas gérer ça. Que ce soit quand j’étais petit à des enterrements : ma famille pleurait, j’avais envie de crever de les voir se mettre dans cette posture. Et je ne sais pas pourquoi. Aujourd’hui, ça va un peu mieux, mais j’ai eu ça pendant longtemps. Ce qui, moi, m’empêchait aussi de le faire. J’étais très… une pointe sociopathe, auraient dit certains de mes amis. Du moins, très en contrôle au niveau des sentiments. J’érigeais un peu un mur entre le monde et moi dès que l’affect entrait en jeu. J’essaie petit à petit, à coups de pioches, de faire céder ce mur.

Est-ce que c’est vrai le truc des tétons de votre spectacle ?

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Tu veux le sortir là, comme ça, sans rien, sans contexte ? Oui, ça, c’est vrai. Quand j’étais petit, ça a mis beaucoup de gens autour de moi très mal à l’aise parce que je touchais mes tétons quand j’étais triste. Je vois vos têtes dépitées mais venez voir le spectacle, vous comprendrez ! Je ne savais pas gérer les émotions et j’avais trouvé un petit truc qui me faisait sentir quelque chose. Je me touchais le tété dans un coin, dans ma chambre. C’était très bizarre, personne ne comprenait. J’essayais d’en parler aux gens pour voir si les autres le faisaient aussi. Et du coup j’en ai parlé dans le spectacle. C’était très bizarre d’aborder ça sur scène, au début. Je me sentais très incompris. J’avais vraiment l’impression que les gens se foutaient de ma gueule. Et j’ai trouvé, à un moment, comment le raconter. Aujourd’hui, beaucoup de gens m’écrivent en disant : « Moi, j’avais ça », « Moi je faisais ça quand j’étais petit ». C’était mon Monde de Narnia, le truc qui me permettait de m’échapper pendant un temps. Très bizarre. J’ai arrêté de le faire, hein.

C’était ma question suivante !

J’ai même pas vraiment totalement arrêté de le faire… Mais je reste sur cette position de : « J’ai arrêté de le faire ».

FLUSH est le magazine du corps, de l’intimité. Pourriez-vous dire à nos lectrices et lecteurs quelque chose que vous n’avez jamais dit à personne ?

De mon intimité ? (Réfléchit longuement, ndlr) Si. Je vais rester très énigmatique là-dessus, mais j’ai envie de te dire que j’ai compris quel était le rapport entre la sexualité et le lâcher-prise. Ouais. Et je pense que c’est d’ailleurs un truc très « masculin », pour rentrer dans les clichés qu’on prête aux hommes. J’ai envie de te dire que très tôt, on donne cette espèce d’injonction aux hommes, dans la sexualité, d’être très en contrôle, celui qui va pointer la direction. En fait j’ai compris il y a quelques années que le lâcher-prise, c’est le plus grand des contrôles dans la sexualité.

Lisez la suite dans FLUSH #14

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